dimanche 16 juillet 2017

H. P. L. (2006) + Celui qui bave et qui glougloute (2007)

Chronique express!

 
Il y a peu, je suis passée en Scylla pour la première fois; j'ai ainsi pu découvrir cette microscopique librairie spécialisée en littératures de l'imaginaire et je me suis fait plaisir en achetant quelques lectures, dont ce petit recueil de deux textes de Roland C. Wagner.

H.P.L. (2006): Cette fausse biographie de Lovecraft, dans laquelle le célèbre auteur est mort à 101 ans et pas à 47, m'a semblé présenter un intérêt très limité. Ce n'est pas très drôle et je n'ai rien appris. Eless l'a qualifiée d'"anecdotique" sur Instagram et je le rejoins parfaitement.

Celui qui bave et qui glougloute (2007): Je voulais lire ce texte depuis des années et heureusement il ne m'a pas déçue. C'était très sympa et j'ai même ri pendant ma lecture. L'histoire se passe aux États-Unis pendant les années 1890, alors que les Indiens se révoltent contre les États-Unis et, pour la première fois, réussissent à repousser la Frontière vers l'Est grâce à l'aide de visiteurs à quatre bras armés de mystérieux "rayons de la mort". C'est super-référencé et très léger et ça se lit tout seul. Là pour le coup, c'est un bel hommage de fan à Lovecraft, sur un ton résolument différent du sien mais qui se tient parfaitement le temps de la nouvelle.

jeudi 13 juillet 2017

Black Hole (1995-2005)

Chronique express!


Black Hole est un comics écrit et dessiné par Charles Buns et publié aux États-Unis de 1995 à 2005. J'ai lu l'édition française en six tomes, publiée par Delcourt et traduite par Jean-Paul Jennequin, que j'ai trouvée dans la bibliothèque de mon Homme, grand fan de comics. C'est une histoire résolument sombre sur des adolescents victimes d'une mystérieuse MST qui provoque des mutations plus ou moins repoussantes. Le contenu sexuel est très lourd et parfois un peu dérangeant; je pense par exemple à la "deuxième bouche" de Rob, que Chris embrasse, ou à la queue d'Eliza. (La deuxième bouche de Rob est aussi extrêmement perturbante car elle semble exprimer ses peurs à son insu, pendant son sommeil, avec une voix horrible.) Le dessin est lui aussi assez dérangeant et repoussant, les mutations des ados étant parfois dégueulasses. Pour tout vous dire, je suis étonnée que mon Homme ait lu ça (même si c'était il y a des années), en général c'est moi qui aime les trucs malsains! 😄 L'histoire est toutefois intéressante et je pense qu'on peut interpréter le sujet de différentes manières (le SIDA vient à l'esprit mais chacun y verra ce qu'il veut). Le dessin en noir et blanc, avec une énorme prédominance du noir, contribue grandement à cette atmosphère pesante et horrifique, mais j'ai eu du mal à reconnaître les personnages, que j'ai trouvés assez ressemblants. Au final, j'ai été déçue par la fin, que je n'ai pas vraiment comprise et qui [divulgâcheur] ne contenait pas d'élément surnaturel, houin houin, je pensais vraiment qu'une créature tentaculaire venue des confins de l'espace allait se révéler [fin du divulgâcheur], mais je pense qu'il peut valoir la peine de lire ce comics si vous aimez l'horreur et les trucs un peu limite. Oukoulou, par exemple, je pense que tu apprécierais! Âmes sensibles, par contre, passez votre chemin. 😜

lundi 10 juillet 2017

UGC Culte: Inception (2010)

Tous les jeudis, les cinémas UGC repassent un film culte, un de ces "films qui ont fait la légende du cinéma". Je ne peux malheureusement plus y aller depuis deux ans à cause d'une activité qui tombe le jeudi soir ("je peux pas, j'ai yoga!"), mais j'espère bien en profiter pendant cette période de grandes vacances!


Jeudi 6 juillet, l'été a très bien commencé avec Inception de Christopher Nolan, un film que j'avais vu au cinéma lors de sa sortie et revu sur petit écran il y a seulement deux ans. Il était donc assez frais dans ma mémoire. Ayant opté lors du deuxième visionnage pour l'option "le héros rêve tout du long", j'ai été particulièrement attentive aux indices allant dans ce sens. Forcément, quand on cherche, on trouve, et je suis toujours du même avis. 😀


Redécouvrir ce film sur grand écran a été un vrai plaisir. Il gagne vraiment à être vu en grand et avec l'ambiance particulière du cinéma. Plongée dans le noir, concentrée exclusivement sur l'écran, je profite des films avec une attention et une implication que je n'arrive plus depuis des années à mobiliser chez moi. Parce que le chat passe par là, parce que mon téléphone sonne, parce que je me refais du thé, je ne suis pas vraiment concentrée et je perds régulièrement des répliques et des scènes.

Je pense qu'Inception est LE Grand Film de Nolan. Mon copain est un grand défenseur de The Dark Knight, mais je trouve qu'Inception lui est supérieur parce qu'il exploite une idée originale et sort complètement des sentiers battus. Nolan a eu une idée et a osé la suivre, ce qui est assez rare au cinéma (tout du moins, disons, dans les films à grand budget). Ce réalisateur est d'ailleurs intéressant en ce qu'il combine avec succès des gros budgets, des films "grand public" (c'est-à-dire accessibles au plus grand nombre, non "conceptuels", susceptibles de lever de l'argent), un jeu d'acteur exigeant, une mise en scène extrêmement soignée et un ton résolument adulte. Je suis plutôt rassurée de voir que ses films ont du succès en cette époque dominée par les films d'action décérébrés (malgré tout mon amour pour les Transformers, j'ai encore mal au cerveau une semaine après avoir vu Transformers 5 tellement ce film réinvente le niveau zéro du film d'action).

Inception réunit une bonne partie de la bande d'acteurs que Nolan semble affectionner: avec Marion Cotillard, Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy, Michael Caine et Cillian Murphy, on pourrait bien être dans The Dark Knight Rises. Leonardo Di Caprio est vraiment habité par son rôle et dégage l'intensité incroyable qu'on lui connaît (même si je crains qu'il ne fonde son jeu que sur cette intensité, ça fait pas mal de films qu'il me semble retrouver le même personnage). Ellen Page vient jouer la jeune recrue dont la "formation" permet d'initier le spectateur au monde des rêves et s'en sort plutôt pas mal.


Toutefois, celui qui s'en sort le mieux reste à mon avis Joseph Gordon-Levitt, qui bénéficie de la scène la plus renversante (lol) du film: alors que la camionnette du rêve 1 (ou 2, si vous pensez comme moi que Cobb/Di Caprio rêve le tout) roule le long d'une pente ou tombe du haut d'un pont, le monde du rêve 2 (ou 3) se retrouve complètement chamboulé, les murs roulent sur eux-mêmes, la gravité se fait la malle et on en prend plein les yeux. C'est cette scène, plus encore que l'imbrication des rêves, qui me fait dire que ce film "retourne le cerveau"...


Mais bien sûr, l'imbrication des rêves et tout le traitement du rêve sont extrêmement intéressants (je vous avais déjà dit il y a deux ans que j'adore le fait que ce soit la sensation de chute qui permet de sortir du rêve), et je dois dire que même la descente de Fischer/Cillian Murphy dans son inconscient à la rencontre de son père mourant m'a convaincue et m'a émue, moi qui passe mon temps à critiquer les films de super-héros parce que ça tourne autour de l'éternel, ennuyeux, prévisible, phallocrate et ô combien rabâché thème de la relation père-fils.

J'ai aussi apprécié la révélation tardive concernant l'idée que Cobb/Di Caprio a implantée dans l'esprit de Mall/Cotillard et la manière dont les mots qu'il utilise ("something she once knew to be true... but chose to forget") prennent une nouvelle dimension quand il révèle la vérité. D'ailleurs il y a pas mal de répliques qui reviennent dans le film avec un nouvel éclairage ("an old man, filled with regret, waiting to die alone" ou "you're waiting for a train") et qui donnent autant de citations cultes.

Bref, c'était un très bon moment et je recommande vraiment ce film à ceux qui ne l'ont pas encore vu, et ce malgré les nombreuses réactions qu'il a suscitées, en bien comme en mal, et qui font qu'un film vous sort parfois par les trous de nez même si vous ne l'avez pas vu.

Le mot de la fin
Il va sans dire que si je le pouvais, je prendrais un sédatif ultra efficace et irais passer quelques dizaines d'années dans les limbes de mon propre inconscient, où je construirais un univers nettement plus à mon goût que notre monde réel...

Mise à jour de 19h50
Je réalise après la publication de ce billet, pourtant relu dix fois, que j'ai oublié de parler du thème du deuil. Après tout, ce film parle surtout de ça, de la manière dont on se reconstruit après avoir perdu la personne qu'on aimait le plus et dont il faut accepter de la laisser partir, parfois après s'être péniblement accroché à sa culpabilité parce que c'est quand même quelque chose... Mall/Marion Cotillard qui pleure quand Cobb/Di Caprio renonce à elle, c'est juste un crève-cœur...

Allez donc voir ailleurs si ces rêves y sont!

vendredi 7 juillet 2017

La gamelle de juin 2017

Après un mois de mai rachitique, juin a été très modeste également... Comme toujours, je me demande un peu où est passé le mois!? Ce n'est pas possssiiible!

Sur petit écran

Rien. 😂 Ça démarre bien.

Sur grand écran

King Arthur: Legend of the Sword [Le Roi Arthur: La légende d'Excalibur] de Guy Ritchie (2017)


Gros délire fantasy avec de belles choses: une créature tentaculaire singulièrement érotique, de sombres donjons, des créatures fantastiques ténébreuses et une musique génialissime, que j'écoute depuis en boucle. Ce genre de film déchaîne l'imagination, un peu comme quand j'ai vu World of Warcraft et que j'ai eu furieusement envie d'écrire et de créer un univers du même genre! C'est toutefois assez maniéré au montage – on aime ou on n'aime pas – et "bien sûr" super sexiste. C'est désolant de voir qu'un film complètement anachronique, qui chamboule complètement l'histoire arthurienne et introduit un chevalier noir et un maître de kung-fu asiatique dans l'Angleterre du Ve siècle, ne peut pas imaginer un personnage féminin capable de se battre...

WonderWoman de Patty Jenkins (2017)
 

Un film de super-héros très sympa, avec tous les défauts du genre (un "fond" expliqué d'emblée pour que le spectateur n'ait pas à réfléchir, hein! Un clocher qui explose, hein, hein!) et les incohérences des blockbusters (un carnet qui tombe dans l'eau de mer plusieurs minutes mais reste intact, hein, hein!), mais beaucoup plus réussi, du point de vue de l'intrigue et des personnages, que les précédents films de DC. Je suis vraiment très contente du traitement de ce personnage féminin et j'aime beaucoup Gal Gadot, qui allie très bien finesse et force brute. Et puis il y a David Thewlis que j'adore.

The Mummy [La Momie] de Alex Kurtzman (2017)


Le premier film du Dark Universe, le retour des "monstres" Universal, est un film d'aventures fantastique sympathique, avec pas mal d'humour et un bon rythme. J'ai beaucoup apprécié la momie et la rapide découverte de la "galerie de curiosités". Cependant, c'est un peu mou pour lancer une franchise et c'est même frustrant si vous aimez vraiment le fantastique: purée, on entrevoit un crâne de vampire et une espèce de poulpe chthluesque et on n'en parle pas, grrr.
Sinon, le film a les défauts habituels des films d'action américains: des incohérences, des héros qui survivent à des chocs qui devraient leur casser toutes les côtes, une légende antique expliquée d'emblée (alors que ce serait tellement plus sympa de la découvrir en même temps que le héros), un côté relativement "lisse"...
[Mode cruisette activé]
Tom Cruise n'est jamais aussi bon que quand il est en roue libre ou à côté de la plaque et c'est génial, dans ce film il est les deux!!! 😁😁 En roue libre tout au début, en Irak, et à côté de la plaque pendant la moitié du film, puisque son personnage est complètement dépassé par les évènements. Par exemple, figurez-vous qu'il discute dans les toilettes des femmes avec son copain zombie, HAHAHA. Je regrette un peu que ses capacités d'acteur (car il en a, hein, je ne l'aime pas uniquement pour son Charme Irrésistible, sa Virilité de Ouf, son Sourire Canaille et sa Voix Sensuelle) n'aient pas été exploitées à la fin, dans une scène qui aurait pu être très triste... Mais bon le film ne va pas du tout dans cette direction et ce n'est pas grave, c'est léger et drôle.
[Mode cruisette désactivé]

Du côté des séries

L'Homme et moi avons terminé la saison 6 de Scrubs et regardons maintenant la septième.

Du côté des podcasts et de YouTube

Rien. J'ai plein d'épisodes de Procrastination en retard et j'ai honte de dire que je suis toujours à l'épisode zéro des GG Comics, auquel participe pourtant mon Homme. C'est navrant.

Et le reste

La cata! Je ne peux même pas dire que j'ai lu mon Cheval Mag car il est arrivé en retard et que je l'ai donc plutôt lu en juillet... Argh!!! 😠😱

La citation du mois

Je crée cette catégorie pour meubler et pour immortaliser un article du magazine Illimité de l'UGC, que je lis généralement d'un œil navré par la pauvreté de contenu de ses articles et le ton nombriliste et bourré d'anglicismes de ses rédacteurs. Pour une fois, peut-être même pour la première fois, je suis tombée d'accord avec eux à propos de quelque chose!

Article sur La Momie:
"La question de l'appartenance de ses films est un souci que Tom Cruise a réglé depuis bien longtemps, disons depuis au moins La Guerre des mondes. Ses films à lui, il en est le cœur battant, la source de financement, le facteur d'excitation et souvent même le sujet, bref l'astre autour duquel tout gravite."

Vous avez entendu? "L'astre autour duquel tout gravite." La cruisette n'aurait pas pu dire mieux. 😍

mardi 4 juillet 2017

Song of Susannah (2004)

Le chemin vers la Tour sombre continue. Avec un sixième tome plus petit que les précédents (seulement 435 pages dans mon édition), j'ai même repris un peu de vitesse et je suis à nouveau dans les temps: si j'ai fini de lire le tome de mai début juin, j'ai bien lu le tome de juin en juin! 😊


Je ne sais absolument pas quoi raconter sur ce tome, Song of Susannah. Je suis toujours très enthousiaste, mais il se passe tellement de choses, il y a tellement de fils que je ne sais pas du tout quoi penser! Heureusement, pour moi, ma copine de lecture, Vert, a été plus loquace par mail et m'a aidée à y voir plus clair (merciii!). Voici quelques idées en vrac...

Ce sixième tome est sous-titré Reproduction, ce qui n'a rien de prometteur. Le ka-tet de nos héros est séparé: Susannah a pris la poudre d'escampette à la fin du roman précédent, Roland et Eddie partent à sa recherche (mais n'atterrissent pas du tout là où ils le souhaitaient) et les trois autres membres partent à la recherche d'un écrivain (mais atterrissent là où est Susannah). Je n'ai d'ailleurs pas bien compris à quoi est dû ce problème d'atterrissage: s'agit-il d'une intervention du ka, comme le propose le livre, ou d'un tour de passe-passe des méchants, comme le suggère le guet-apens attendant Roland et Eddie? En tout cas, le ka-tet est séparé et, comme dans Le Seigneur des Anneaux après l'éclatement de la Communauté, la narration alterne entre les trois groupes. Les passages avec Susannah (et Mia et Detta) sont les plus intéressants et apportent de grandes révélations concernant l'identité de Mia (qui a été "recrutée" par Walter, tiens tiens tiens...) et de Mordred (je ne suis pas sure d'apprécier cet élément d'ailleurs).

Malgré de nombreuses informations, les questions demeurent plus nombreuses encore. Je me demande surtout qui manipule qui dans cette histoire. On dirait que le Mal tire les ficelles depuis le début, en partie en trompant son monde et en partie en lui simplifiant parfois la vie (j'avais parlé à propos du tome 4, je crois, des visions venues d'un objet démoniaque). Pourtant, il y a parfois des éléments positifs sortis de nulle part, comme une certaine petite tortue ici et les rêves extrêmement utiles d'Eddie dans le tome 3. Et je n'arrête pas de repenser à d'anciens propos de Walter: il y a bien un Roi en rouge, Walter en a peur et la pièce au sommet de la Tour sombre est vide! Et puis qui est ce Gan qui déboule soudain dans la bouche de l'écrivain et de Jake?

Rapport à l'écrivain: Ça, c'est vraiment DU LOURD, je ne suis pas tout à fait persuadée que c'est une bonne idée mais c'est DU LOURD, Stephen King a OSÉ quoi; et on en revient à qui manipule qui, hein, car l'écrivain aurait croisé le Roi en rouge quand il était petit, donc bien avant d'écrire son livre... Et donc... Donc quoi? Je n'en sais rien et je me triture les méninges! + Notons que cet élément m'a à nouveau rappelé L'Histoire sans fin...

Pfffiou, c'est trop d'émotion cette série, je suis complètement perturbée et obsédée par ma lecture! Dernière ligne droite en juillet!

Allez donc voir ailleurs si ce chant y est!

mardi 20 juin 2017

King Solomon's Mines (1885)

Quelle belle surprise que de trouver dans une bouquinerie angevine Les Mines du Roi Salomon de Henry Rider Haggard, écrivain que j'ai découvert l'année dernière avec Elle et que je voulais relire depuis!
 

Les Mines un roman d'aventures typique de la fin du XIXe qui m'a beaucoup rappelé Arthur Conan Doyle et Jules Verne (exception faite de l'aspect scientifique de l’œuvre de ce dernier). J'apprends d'ailleurs en lisant la page Wikipédia qu'il s'agit du tout premier roman anglais situé en Afrique et qu'il a créé le genre du "monde perdu"; le lien avec Conan Doyle est donc particulièrement pertinent.

Je l'ai lu avec énormément de plaisir et le recommande sans hésitation.

Le ton est vite donné, lorsque le narrateur, Allan Quatermain, annonce qu'il va raconter "the strangest story that I remember". Ce chasseur d'éléphants anglais est basé en Afrique du Sud et, au fil de coïncidences improbables (disons-le), il rencontre un homme qui lui raconte l'histoire d'un Portugais parti sur les traces de son ancêtre, persuadé que celui-ci avait trouvé un trésor, un Noir qui lui explique qu'il accompagne son nouveau maître anglais sur les traces de ce même trésor et (tada! coïncidence!) le frère de cet Anglais, qui part à la recherche de son frère avec lequel il est brouillé depuis des années. Et voilà. Quatermain accepte d'accompagner Sir Henry Curtis, le frère donc, et le capitaine John Good dans un périple mortel, en remontant vers le nord et le cœur du continent africain, à la recherche des légendaires mines du roi Salomon, que le frère de Sir Henry aurait recherchées pour refaire sa fortune. Pour cela, il faudra quitter tous les territoires connus par l'homme blanc et traverser un désert aride et impitoyable, jusqu'à atteindre une chaîne de montagnes inconnue où commencerait la route de Salomon. Nos flegmatiques Anglais seront accompagnés par un mystérieux serviteur noir très désireux de participer à l'aventure.

Et voilà tout ce que j'ai aimé dans ce bouquin: de l'aventure, des personnages courageux (quoique Quatermain se définit à plusieurs reprises comme un froussard ^^), des contrées inconnues à une époque où la moitié de l'Afrique n'était même pas cartographiée, un royaume caché, un horrible méchant et une terrifiante sorcière très réussie, une guerre aux proportions épiques, des vestiges mystérieux d'une civilisation ancienne très avancée, et pour finir les tant attendues mines du roi Salomon, avec un passage digne d'un Indiana Jones, le tout merveilleusement désuet et raconté avec un certain humour, comme dans ce passage que je ne veux pas oublier:

"It seems cruel to rob the animal of his tail,
especially in a country where there are so many flies,
but it is better to sacrifice the tail and keep the ox than to lose both tail and ox,
for a tail without an ox is not much good, except to dust with."

Le livre ayant plus de 130 ans, il comporte aussi quelques éléments lourdement datés. Wiki m'informe que son ton était plutôt positif à l'encontre des Noirs, compte tenu de l'époque, mais les réflexions du genre "il était plutôt distingué pour un natif" piquent les yeux! Et puis on tue les éléphants avec enthousiasme, les amis des bêtes vont grincer des dents. Quant au seul personnage féminin "normal" (la sorcière étant particulière), il faut bien sûr la sauver, puis elle tombe amoureuse de son sauveur et le suit partout comme un chien fidèle, LOL.

Mais bon voilà, c'est le XIXe et c'est un récit d'aventures extrêmement sympa (si vous aimez le genre, s'entend).

Vous avez tilté sur le nom du narrateur? Vous croyez avoir déjà entendu parler d'Allan Quatermain ailleurs? Vous avez raison. Alan Moore l'a mis en scène dans La Ligue des gentlemen extraordinaires. Quant à Rider Haggard, il a écrit pas mal d'autres livres sur ce personnage, dont un qui fait le lien avec l’héroïne de Elle, donc j'espère bien continuer à explorer son œuvre! 💖

jeudi 15 juin 2017

Miss Harriett (1884)

Je continue d'explorer l’œuvre de Maupassant au hasard de mes trouvailles en bouquinerie. Presque un an après ma dernière lecture de l'auteur, j'ai enfin lu Miss Harriett, un recueil paru en 1884 qui somnolait dans ma PAL depuis un certain temps (genre deux ans?).


Miss Harriett (1883)
Une nouvelle triste et une chute un peu glauque dans la campagne normande. L'intro est typique de Maupassant: un narrateur anonyme pose un contexte (une promenade en calèche) et laisse rapidement la parole au véritable narrateur, qui raconte une histoire aux personnes présentes (les autres passagers de la calèche). Le ton est donné dès ses premiers mots: "Ce ne sera pas gai, mesdames; je vais vous raconter le plus lamentable amour de ma vie. Je souhaite à mes amis de n'en point inspirer de semblable."

L'Héritage (1884)
La nouvelle la plus longue du recueil (quasiment 100 pages) est très représentative de son époque avec ses petits employés qui attendent un héritage, son personnage féminin au mariage arrangé, son dîner de présentation et ses promenades en bord de Seine... Elle est aussi la plus cynique puisque tous les personnages sont très volages et hypocrites. C'était très sympa et je me suis demandée jusqu'au bout si cet héritage allait finir par tomber!

Denis (1883)
Là, je n'ai pas trop compris lol! C'est une histoire un peu bizarre entre un domestique et son maître. Je ne sais pas trop ce qu'il faut en tirer. Je pense que c'est du "Maupassant à la chaîne" pour publier dans les journaux.

L'Âne (1883)
Ici, c'est du Maupassant cruel et terrible, certainement le genre de texte qui rebute certains lecteurs. Je me suis sentie vraiment très mal, même si je savais d'emblée, rien qu'au titre, que ça ne finirait pas bien. C'est dans le genre de Coco, une nouvelle terrifiante de cruauté.

Idylle (1884)
Une nouvelle un peu barrée sur une idylle entre deux inconnus voyageant côte à côte dans un train. L'homme est un Italien partant chercher du travail en France; la femme est une nourrice qui n'a pas donné le lait depuis un ou deux jours et dont les seins sont douloureux. C'était vraiment chelou. Lol.

La Ficelle (1883)
Un texte qui fait son boulot mais n'a pas de charme particulier (peut-être un nouvel exemple de "Maupassant à la chaîne"). Elle reste dans le ton de l'écrivain avec son personnage naïf qui essaye désespérément de clamer son innocence, mais n'est pas mémorable.

Garçon, un bock!... (1884)
Même commentaire que pour la nouvelle précédente. L'homme qui commande bock sur bock est cependant l'inverse du Normand de La Ficelle puisqu'il est complètement désabusé après avoir vu, une fois, le côté sombre de la vie. Ça parle du choc quand on découvre la vérité sur ses parents et que celle-ci n'est pas très belle.

Le Baptême (1884)
Un texte sobre sur un baptême campagnard. Comme souvent chez Maupassant, tout tient dans la chute, que j'ai trouvé extrêmement émouvante.

Regret (1883)
L'histoire d'une occasion manquée dont on se rend compte trop tard, tellement trop tard... Je me suis un peu reconnue dans ce personnage qui contemple tristement sa vie "tout à fait ratée" et surtout dans cette remarque: "Combien de gens ratent leur vie par nonchalance." D'autant plus que j'ai laissé passer une occasion importante ces jours-là et que je pense que je n'en aurai pas d'autre (ou pas de sitôt). Mais bon on fait comme on peut au moment où il faut choisir...

Mon oncle Jules (1883)
Un texte triste, classique de Maupassant. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour le narrateur et son oncle Jules.

En voyage (1883)
Une histoire d'amour improbable et condamnée. Un texte touchant et efficace mais pas mémorable. Je ne sais pas trop ce qu'il fallait comprendre avec la réplique tronquée de la fin.

La Mère Sauvage (1884)
Située en pleine guerre franco-prusse, cette nouvelle rappelle bien sûr Boule de Suif, même si l'histoire n'a rien à voir, la Mère Sauvage étant une vieille femme française à qui on a "distribué" plusieurs soldats prussiens. Tout se passe bien jusqu'à ce qu'elle reçoive une lettre la prévenant de la mort de son fils soldat.

Ce recueil est intéressant puisqu'il permet de voir plusieurs facettes de Maupassant et de son "pessimisme cosmique": la cruauté absolue de L'Âne, l'intéressement petit-bourgeois de L'Héritage, le regret existentiel de Regret et Le Baptême.... Certains textes ne sont clairement pas majeurs dans son œuvre, mais l'ensemble vaut le coup si vous aimez l'auteur. Si vous ne le connaissez pas, par contre, je conseille toujours de lire Le Horla...

samedi 10 juin 2017

Liebster Awards

Le principe des Liebster Awards est de dire onze choses sur soi, de répondre à onze questions posées par la personne qui vous a nommé, de nommer soi-même onze blogueurs ou blogueuses et de leur poser onze questions.


Bon, techniquement, j'ai déjà répondu deux fois à ce tag (en 2013 et en 2014), mais comme j'adoooore parler de moi, je suis ravie de répondre aux questions de Tigger Lilly, blogueuse sur Journal d'une éclectique! 😊😊😊 En plus ce genre de billet permet de mesurer le chemin parcouru au fil des années et c'est souvent bénéfique!

Onze choses sur moi

1. Je suis accro à mon blog, qui m'est devenu absolument indispensable.

2. Je ne parle plus italien depuis des années et, les rares fois où cela m'arrive, j'entends mon propre accent français. C'est dramatique.

3. Je vis avec mon Homme et la Reloue, un chat errant que j'ai recueilli il y a trois ans.

4. Exception faite du loyer, mon poste de dépense le plus important est l'équitation, un vrai puits sans fond!

5. Je suis incapable de prendre une décision, surtout quand j'ai l'idée que les deux choix qui s'offrent à moi sont mauvais (et que je n'ai pas l'imagination / les moyens de trouver une troisième issue).

6. J'ai un mal fou à garder les yeux sur tout ce qui va et une tendance inexorable à sombrer dans la déprime à cause de ce qui ne va pas.

7. Quand j'aime quelque chose, j'ai tendance à y revenir: ainsi, j'écoute des albums en boucle (jusqu'à m'en lasser d'ailleurs!), je lis plein de livres du même auteur (quarante de Zola), je relis des livres (cinq fois Le Seigneur des Anneaux) et je re-regarde des films que je connais par cœur (Spirit, l'étalon sauvage, mon film doudou que j'ai dû voir vingt fois).

8. Je suis très triste d'avoir perdu plein d'amis (par ma faute, la leur ou les deux), mais j'essaye d'en tirer un enseignement et de prendre soin et de profiter de ceux qui sont toujours là.

9. J'ai passé les trente ans et je n'ai toujours pas envie de devenir mère. Au contraire, la multiplication des bébés dans la vie de mes amis me conforte dans l'idée que ce n'est pas du tout pour moi.

10. Je veux écrire mais je n'écris pas, et ça, ça m'énerve!

Mes réponses aux onze questions de Tigger Lilly

1. Ton livre préféré d'entre tous?
Le Seigneur des Anneaux de Tolkien bien entendu! 🌟

2. Le dernier film qui t'a marquée?


Bonne question ça! Si on entend "marquée à vie", pas juste quelques jours, peut-être bien Arrival [Premier contact] de Dennis Villeneuve.

3. La prochaine série que tu souhaites regarder?


Heuh... La Caverne de la Rose d'or, ça compte comme série? 😃 Je vais essayer de regarder les six épisodes d'ici fin août. On m'a offert le coffret il y a quasiment trois ans...
Sinon, aucune idée. Je ne regarde pratiquement pas de séries. J'ai bien envie de recommencer La Famille Addams mais ce ne serait pas sérieux, il vaudrait mieux que je tente de rattraper mon retard, genre avec Fargo ou True Detective...

4. À quel(s) jeu(x) joues-tu en ce moment?
Aucun, je ne joue pas à des jeux.

5. Quels sont tes podcasts favoris?
Je n'en écoute que deux: Procrastination d'Elbakin, qui cause écriture, et les GG Comics qui cause, comme son nom l'indique, comics. J'écoute plus régulièrement Procrastination en raison de son format court, mais bien sûr je préfère les GG car mon Homme en fait partie. 💓

6. Quel philosophe ou quelle philosophie de vie t'inspire?
Est-ce que le yoga compte comme philosophie de vie? En tout cas c'est ce qui guide un peu mes pas depuis deux ans. Essayer d'être à ce que je fais au lieu de me désoler sur l'absence de résultats.
Sinon, au lycée j'avais un faible pour Nietzsche et sa vision très dure de la vie, mais ça fait tellement longtemps que je ne me suis pas penchée sur la philosophie que je ne sais pas si c'est encore le cas.

7. Ton rêve de voyage?
L'Islande à cheval! Malheureusement, il s'agit d'un séjour très cher. Si je pars en rando équestre un jour, il y a plus de chances que ce soit en Espagne.

8. Comment gères-tu le temps consacré à ton blog?
Je me lève tôt le matin, à 6h10, en partie par respect pour mon copain qui se lève à 6h pour prendre un train à 7h (banlieue parisienne mon amour!) et en partie pour gérer mon blog et mes mails persos et faire le tour des réseaux sociaux et des blogs avant d'attaquer mes exercices de kiné, ma séance de respiration active et ma marche à partir de 8h (et espérer commencer ma journée de travail au retour, après la douche, à 10h30). Là par exemple, il est 7h20. On dirait "l'heure d'or" dont j'entends régulièrement parler sur la Nife en l'air, mais en réalité j'ai surtout l'impression de me presser et de me lever de plus en plus tôt au fil des ans sans réussir à en faire plus.
Je profite aussi des éventuels temps morts professionnels, par exemple si je livre une traduction avant d'avoir reçu la suivante. En mai par exemple, c'est ce qui m'a permis de tenir le rythme de publication habituel.

9. Pourquoi blogues-tu?
Pour ne pas oublier ce que je pense de ce que je lis. C'est en cela que le blog m'est devenu indispensable. Il me permet d'étayer un peu mon propos sur un livre et de le retrouver des années plus tard. Je regrette beaucoup d'avoir tardé plus de deux ans à chroniquer tout ce que je lisais.
Il me permet aussi de glaner plein (trop!) d'idées de lecture et d'échanger avec des gens formidables, dont certains que j'ai même rencontrés en vrai depuis quelques mois.

10. Un changement que tu aimerais apporter à ton blog?
J'aimerais avoir plus de visiteurs et de commentaires. Comme tout le monde, non?

11. Quel rapport entretiens-tu avec ta pile à lire?
Un rapport très sain. 😀 Je l'entretiens et la nourris et elle me fait passer de très bons moments. 💖


Les onze blogueurs que je nomme

Tigger Lilly a déjà tagué la plupart des blogueurs que je connais, mais j'en retague quelques-uns car je suis très curieuse de lire leurs réponses à mes questions.

Androïde Rêveur
Grominou
La petite marchande de prose
Lorkhan
Oukouloumougnou
Shaya
Vert 

Les onze questions que je leur pose

1. Quelles sont tes occupations (métier, loisirs etc.) dans "la vraie vie", hors blog?

2. Vis-tu avec des animaux? Peux-tu nous les présenter? 

3. Quand et comment est né ton blog?

4. Écris-tu d'autres manières ou sur d'autres supports (sites, fiction...)? Pourquoi? Comment ces différentes activités se complètent-elles? Si tu n'écris pas ailleurs, y as-tu pensé? En as-tu envie?

5. Depuis quand lis-tu, disons, au sens "actif" du mot: consciemment, volontairement, avec plaisir, pas parce que l'école le demande?

6. Quel est ton endroit préféré pour lire?

7. Que penses-tu de cette déclaration de Lestat de Lioncourt dans Blackwood Farm d'Anne Rice: "And books, they offer one hope–that a whole universe might open up from between the covers, and falling into that new universe, one is saved"? As-tu déjà eu l'impression d'être sauvé(e) par un livre ou qu'une lecture (ou la lecture en général) était vitale?

8. La lecture et le cinéma t'apportent-ils les mêmes choses? Préfères-tu ou te sens-tu plus proche de l'un des deux médias? Pourquoi?

9. As-tu parfois du mal à te remettre de la mort d'un personnage (de livre, de film ou de série)? Peux-tu nous donner un exemple? (Et tant pis pour les éventuels divulgâcheurs! ^^)

10. Et niveau musique, qu'est-ce que tu préfères?

11. Finissons sur une note gastronomique: peux-tu nous citer ton plat préféré ou le plat que tu ne rates jamais?

Des bécots les lecteurs! 💓

mercredi 7 juin 2017

Wolves of the Calla (2003)

Ma quête de la Tour sombre a pris un peu de retard. Non contente de me faire balader par Stephen King dans des mondes parallèles, j'ai eu envie de faire un détour par le paisible royaume de Delain (ici) et la charmante ville de Jerusalem's Lot (ici)... Mais voilà que je reprends la route avec notre ka-tet de héros intrépides!


Attention, il devient difficile de ne rien divulgâcher aussi loin dans l'histoire. Lisez à vos risques et périls si vous commencez tout juste votre voyage dans le monde de Roland de Gilead.

"I am what ka and the King and the Tower have made me.
We all are. We're caught."

Alors que les pistoleros continuent leur quête en suivant l'un des rayons de la Tour sombre, ils sont abordés par les habitants de Calla Bryn Sturgis, une paisible ville confrontée à une terrible fatalité: tous les vingt ou vingt-cinq ans, des cavaliers armés jusqu'aux dents, les Loups, viennent enlever la moitié des enfants. Comme à l'accoutumée, le robot Andy a annoncé l'arrivée des Loups un mois à l'avance. Les pistoleros accepteront-ils d'aider les habitants à se rebeller pour la première fois de leur histoire? Roland est tenu d'accepter à cause du code moral des anciens chevaliers de Gilead, mais leur présence à Calla Bryn Sturgis ne relève certainement pas du hasard: le prêtre catholique de la ville, originaire des États-Unis, possède quelque chose de puissant et de terrible qui pourrait se révéler fort utile pour le ka-tet.

Saveur western pour cette ville qui se prépare à affronter des cavaliers armés jusqu'aux dents. On est en plein dans Les sept mercenaires, dont je n'ai vu que le remake de l'année dernière. Mais on reste bien dans l'univers si particulier de cette série avec le robot Andy, le temps qui s'effiloche, les visions et les voyages de monde en monde, une grossesse démoniaque... Et des références et des recoupements de plus en plus serrés. Plus nos héros en apprennent sur la Tour et les forces en présence, plus je me demande comment King va se sortir de tout cela!

Une mention spéciale pour l'apparition éclair de Walter, l'homme en noir. Il n'a encore une fois que quelques pages, mais il est génialissime.

Les liens avec le reste de l’œuvre de King sont plus marqués que jamais avec Callahan, le prêtre de Salem's Lot, qui raconte comment sa vie a basculé dans cette ville et quel a été son destin après l'avoir quittée. J'aime beaucoup ce personnage modeste et digne (et très courageux à sa façon) et j'ai donc été contente de le retrouver. Je ne sais pas s'il était vraiment indispensable de lire Salem avant par contre.... Mais il est sûr qu'il est inutile de le lire après vu que Callahan raconte tout, donc lisez-le plutôt avant si vous avez envie.

Ces liens avec l’œuvre de King atteignent leur apogée avec un certain livre à la fin. Un élément tellement WTF, comme me l'a dit ma copine de lecture Vert, que je me demande vraiment comment King va s'en sortir!

Comme d'habitude, cette lecture était vertigineuse et ultra-référencée, mais je commence à m'habituer après 2 430 pages... Je pense plus que jamais que cette série est une œuvre majeure des littératures de l'imaginaire et je suis étonnée qu'elle soit relativement peu connue. Même la sortie du film ne me semble que peu remuer les foules!

Vivement la suite. En plus le tome 6 est assez petit – même pas 440 pages dans mon édition –, il devrait se lire étonnamment vite après les pavés que sont les tomes 4 et 5! Ma camarade de lecture, Vert, est passée devant pour ce tome car elle avait elle aussi d'autres voyages à faire, mais maintenant que je l'ai rattrapée on devrait pouvoir reprendre le chemin ensemble assez rapidement.

Allez donc voir ailleurs si ces Loups y sont!

dimanche 4 juin 2017

Canale Mussolini (2010)

Chronique express!


Lecture pénible et ennuyeuse que cette épopée familiale des Peruzzi, des paysans de la Plaine du Pô réinstallés au sud de Rome, dans les marais Potins, pendant les années vingt par les fascistes qui viennent d'assécher cette région peuplée jusque là de moustiques et de brigands. Le narrateur enchaîne digression sur digression avec un style oral pénible à lire; je me suis ennuyée au bout de dix pages et j'ai vite compris qu'il ne se passerait pas grand-chose puisqu'il lui faut constamment vingt pages de digression avant de commencer à parler de ce dont il veut parler. Mais surtout, les paysans italiens du début du XXe parlent en dialecte et ça c'est carrément super relou à lire... Du coup, j'ai fini par lire en diagonale, en décidant au début de chaque paragraphe si celui-ci avait l'air intéressant ou non et en passant au suivant s'il n'en avait pas l'air.

Je me suis obstinée à aller jusqu'au bout, toutefois, parce que l'histoire de cette région du centre peuplée de gens du nord est très intéressante et parce que la destinée de la famille permet de retracer toute l'histoire italienne des années 1900 à 1940. C'est triste à dire mais je connais très mal l'histoire de mon propre pays, donc c'était salutaire. Genre j'ai appris qu'il y a eu une vague de viols et de meurtres par des groupes nord-africains de l'armée française quand le front a cédé dans la région, genre 3 000 femmes violées en quelques jours. Et je comprends mieux la catastrophe du 8 septembre, quand le roi a annoncé l'armistice de l'Italie avec les Alliés alors que les Allemands occupaient la moitié du pays.

Pourquoi ce livre?
Parce que quelqu'un me l'avait conseillé il y a des années au speed-booking de ma médiathèque et que je l'ai trouvé à 1€ à la braderie de la médiathèque du Chesnay. C'est un livre "réformé", comme les chevaux de course! 😊

 

jeudi 1 juin 2017

La gamelle de mai 2017

Et voilà la gamelle la plus courte de l'histoire de ce blog! En mai, j'ai lu plus que d'habitude grâce aux jours fériés mais je n'ai rien fait d'autre... 😱😓

Sur petit écran

Bed of Roses [Pluie de roses sur Manhattan] de Michael Goldenberg (1996)


Petite histoire d'amour simple et mignonne entre une business woman et un fleuriste. Ce film ne va pas bien loin mais il est chou et surtout il y a Christian Slater, absolument merveilleux du haut des 26-27 ans qu'il avait à l'époque! 💖 Et puis Josh Brolin tient un petit rôle, c'était trop cool de le revoir juste après avoir terminé la saison 1 de Young Riders.

Sur grand écran

Going in Style [Braquage à l'ancienne] de Zach Braff (2017)


Une comédie sympathique et charmante sur trois vieux messieurs qui décident de braquer la banque gérant leur fonds de pension, que leur ancien employeur a gelé suite à la délocalisation de ses activités en dehors des États-Unis. C'est frais et on passe un bon moment, sans que ça ne soit non plus inoubliable. Morgan Freeman est tellement tellement classe, c'est juste formidable.

Du côté des séries

Young Riders [L'équipée du Pony Express] (1989-1992)


Saison 1 terminée. C'était formidable de replonger dans cet univers que j'ai tellement aimé quand j'avais neuf-dix ans. Bon je ne suis pas sure qu'on puisse aimer cette série si on la découvre à l'âge adulte car elle est un peu simpliste et manque quelque peu de moyens (les scènes de bagarre et les cascades sont souvent drôles tellement elles manquent de conviction – ou plutôt tellement les acteurs mettent trop de conviction à se jeter au sol quand ils prennent une balle!), mais pour moi c'est génial.
Hicock, le personnage de Josh Brolin, est clairement le plus développé dans cette saison. On découvre comment il est devenu une légende de l'Ouest (Wild Bill, c'est lui!) et plusieurs autres épisodes lui sont consacrés. Kid est aussi central dans plusieurs épisodes. Les autres personnages sont moins développés mais ont chacun un ou deux épisodes. Je suis super déçue pour Cody, joué par Stephen Baldwin, dont j'étais follement amoureuse et qu'on a assez peu vu. J'espère qu'il aura plus d'épisodes dans les deux autres saisons.

Sinon mon Homme et moi continuons à regarder la saison 6 de Scrubs.


Du côté des podcasts et de YouTube

Heuh. Genre rien. Je songe à juste supprimer cette catégorie. 😂 😆

Et le reste

J'ai lu Cheval Magazine de juin.


Voili voilou pour cette gamelle qui sent la disette et manque de croquettes!
💖

samedi 27 mai 2017

'Salem's Lot (1975)

Avant de lire le cinquième tome de La Tour sombre de Stephen King, j'ai décidé de lire 'Salem's Lot sur les bons conseils de Grominou et de son billet sur Les Loups de la Calla.

Tentative de photo bucolique pour livre ténébreux.

L'intrigue

L'écrivain Ben Mears revient à Jerusalem's Lot, une petite ville paisible du Maine où il a passé une partie  de son enfance, afin d'affronter quelques vieux démons et d'écrire un nouveau roman. Il apprend  avec déception que la "maison hantée" locale, une vieille bâtisse abandonnée dont le dernier propriétaire s'est pendu et dans laquelle il espérait loger, vient d'être louée, mais s'installe néanmoins en ville où il ne tarde pas à rencontrer une jeune femme nommée Susan [rapport à La Tour sombre: tiens tiens tiens, une Susan!] qui lit justement un de ses romans. En parallèle, un petit garçon disparaît dans les bois et son frère est incapable de dire ce qu'il leur est arrivé. Il ne se souvient de rien. Puis les faits mystérieux se multiplient, la mortalité explose à 'Salem's Lot et beaucoup d'habitants semblent atteints d'une drôle de grippe qui les fait dormir toute la journée...

Mon avis

'Salem's Lot est le deuxième roman de Stephen King et un de ses livres mythiques qui en ont fait le grand maître de l'horreur de la fin du XXe siècle. Malheureusement, après l'enthousiasme lié à La Tour sombre et à ma relecture des Yeux du dragon, ce roman m'a ramenée à mes retenues préalables sur cet écrivain dont je dis depuis des années que je le connais peu et ne l'aime pas vraiment – à l'exception toutefois de La Ligne verte, qui est un de mes livres préférés.

En gros, j'ai trouvé la lecture un peu raplapla, le comble pour un livre qui m'a quand même incitée à laisser la lumière allumée dans le couloir une nuit où j'étais seule chez moi. La rédaction est un peu trop linéaire et emploie des procédés un peu trop visibles, comme le fait de terminer un chapitre sur les mots "Il se retourna et se mit à hurler" ou de s'arrêter en plein cliffhanger pour reprendre l'action en flash-back plus tard. C'est efficace, hein, mais c'est un peu trop "recette de cuisine" et surtout c'est employé trop souvent pour conserver cette efficacité.

À partir de la moitié du livre environ, j'ai aussi trouvé qu'on suivait Dracula de trop près, avec Matt, le professeur d'anglais, qui devient soudain un spécialiste des vampires comme Van Helsing et Susan qui se fait mordre et qu'il faut donc achever comme Lucy (avec un petit passage assez paternaliste dans lequel Matt explique à Ben qu'il lui revient de la libérer parce qu'il est symboliquement "son mari"....).

J'ai aussi trouvé dommage que la "maison hantée" soit relativement laissée de côté. Je pensais qu'elle tiendrait un plus grand rôle que cela et en attendais beaucoup à cause d'une autre maison du même genre croisée dans le troisième tome de La Tour sombre, qui respirait la malignité.

Enfin, ma dernière réserve: j'ai eu beaucoup de mal à bien identifier les nombreux habitants de 'Salem, qui sont parfois cités à des centaines de pages d'écart. (Mais je comprends l'intérêt de montrer les diverses réactions et situations des uns et des autres, hein, ça donne énormément de profondeur et de réalisme à la ville.)

Bien sûr, il n'y a pas que du négatif. La figure du vampire-prédateur est intéressante et on pourrait sûrement y voir plein de symboles. On est loin ici des vampires raffinés d'Anne Rice, il y a quelque chose de nettement plus primordial (même si l'aspect sexuel n'est jamais loin). Il est aussi intéressant de voir le vampirisme comme une sorte d'épidémie face à laquelle la ville ne peut pas vraiment se défendre; le temps que quelqu'un se rende compte que quelque chose ne va pas, les vampires ont déjà mordu de-ci de-là et le processus est inarrêtable.

J'ai aussi été très surprise par le sort du prêtre catholique, Callahan. J'avais imaginé plusieurs hypothèses mais pas du tout celle-là!

Et puis, comme je l'ai dit plus haut, j'ai laissé la lumière allumée dans le couloir un soir où j'étais seule. On ne sait jamais. Quelqu'un ou quelque chose pourrait rentrer dans l'appart avant le retour de mon homme. Hein. Il vaut mieux prendre des précautions. Donc l'efficacité du bouquin est réelle. Et puis j'ai super envie de relire Dracula et les nouvelles de King qui reprennent ce thème, Jerusalem's Lot et One for the Road, et j'ai donc sorti le recueil Night Shift de ma bibliothèque. Mais là maintenant, je peux surtout passer au tome 5 de La Tour Sombre! 😜😜